Le monde change, l’économie aussi. Elle se tertiarise comme disent les écono­mistes. Le poids des services dans les PIB et autres PNB augmente. De nouveaux usages apparaissent tel le phénomène BYOD (Bring Your Own Device) qui a lui seul révèle la difficulté grandissante pour les entreprises de simplement convenablement doter ses collaborateurs des outils modernes et nécessaires à la réalisation de leurs missions. Explications !

Les équipements informatiques, les connections Internet, les téléphones et autres terminaux, sont devenus les outils de travail, de production et de productivité des salariés. Les collaborateurs d’une entreprise sont désormais mieux équipés, mieux outillés techniquement, informatiquement, télépho­niquement… à titre personnel, qu’à titre professionnel. Quand ils ont deux téléphones et qu’ils ne sont pas dans les sommets de l’organigramme, celui que leur a fourni leur entreprise est rarement le mieux des deux. A la maison, l’ordinateur dont ils disposent est souvent plus récent, mieux équipé en logi­ciels, doté de plus de mémoire que celui qu’ils utilisent au travail.

Pour la première fois, quelques artisans mis à part, un salarié dispose de meilleurs outils de production à titre personnel que ceux que lui fournit son employeur. Le paradoxe est que les uns ont les outils que devraient utiliser les autres. De plus, le phénomène devrait s’amplifier avec le développement de la présence en ligne. De plus en plus de salariés ont une véritable présence en ligne, sans parler des jeunes générations, tombées dans le Web dès le plus jeune âge. La frontière entre ce qui est du domaine personnel ou du domaine professionnel se brouille. Faut-il empêcher un jeune récemment recruté, de continuer à publier sur un blog consacré au marketing, qu’il a démarré alors qu’il était encore étudiant en école de commerce, qu’il a utilisé dans sa recherche d’un premier job et grâce auquel il continue à s’informer sur son métier, à animer une communauté de pairs, à actualiser ses propres connais­sances, etc. En plus d’être mieux équipés que leurs entreprises, les salariés sont de plus en plus et de mieux en mieux implantés en ligne.

Il est probable, qu’à l’heure où nous écrivons, l’audience cumulée des sites, des blogs, des pages Facebook des collaborateurs d’une même société, soit supérieure à celle des sites de l’entreprise elle-même.

Et si pour évoluer dans l’univers digital, il fallait que l’entreprise mette à profit cette présence de satellites en ligne qui gravitent dans une même galaxie et dont elle pourrait être le point central ?

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Extrait du livre Les dessous du Web de Bertrand Jouvenot, paru aux Editions Kawa en mars 2013, 278 pages, broché, 29€99.
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