Les professionnels du SEO consacrent une partie de leur vie à tenter de comprendre les réactions, les comportements, les préférences de l’algorithme de Google. La relation quasi intime qu’ils entretiennent avec lui, les conduit souvent à nous parler de ce moteur de recherche comme s’il s’agissait d’une personne. C’est donc tout naturellement que nous avons demandé à l’un d’entre eux, Olivier Andrieu : si l’algorithme de Google était une personne, quelle serait sa personnalité ? Olivier est-il le gendre idéal qu’Alphabet souhaite pour Google, nous vous laissons juge.

Lorsque vous m’avez posé cette question qui tue (Si l’algorithme de Google était une personne, quelle serait sa personnalité ?), cela m’a amusé car j’avais mis en ligne, quelques semaines auparavant sur mon site Abondance, une infographie intitulée « <a href=« https://www.abondance.com/20200131-41900-infographie-les-10-qualites-dun-bon-seo.html »>les 10 qualités d’un bon SEO</a> » dans laquelle je tentais de lister les 10 principaux traits de caractères que doit avoir un bon référenceur (SEO) afin de s’épanouir dans son métier et proposer les meilleures prestations possibles.

Aussi, il m’a semblé intéressant de vérifier si ces 10 qualités que l’on prête au « parfait référenceur » pouvaient également s’adapter aux moteurs de recherche comme Google ou Bing. Voici le fruit de mes réflexions :

1. La Curiosité

Bien sûr, la capacité d’exploration du Web de la part d’un moteur de recherche est immense (Google crawle – explore – 20 milliards de sites web par jour et son index propose plus de 100 000 milliards de pages web !). Alors oui, les moteurs sont excessivement curieux et ils le sont obligatoirement, pour être le plus exhaustifs possible. Et pour le plus grand bonheur de leurs utilisateurs.

2. La Capacité de remise en question

Google met en place CHAQUE JOUR <a href=« https://www.abondance.com/20190618-39952-google-a-fait-9-modifications-de-son-algorithme-par-jour-en-2018.html »>entre 9 et 10 changements de son algorithme</a> (chiffres officiel 2018). Et, une à deux fois par trimestre en moyenne, il propose un « core update » (mise à jour majeure du moteur). Si ce n’est pas de la remise en question, alors comment peut-on appeler cela ? Les moteurs s’adaptent au Web, aux habitudes des internautes qui changent (comme avec le vocal, récemment). Bref, l’évolution est constante.

3. La Patience

Google est-il patient ? Non. Il a besoin d’obtenir le plus rapidement possible la dernière version d’une page publiée sur le Web. Et il affiche sa SERP (page de résultat) la plupart du temps en moins d’une demi-seconde. Alors, non, définitivement, Google n’est pas patient, contrairement à un bon SEO.

4. L’Écoute

Google et Bing sont à l’écoute de leurs utilisateurs. Par exemple, j’ai été bêta-testeur de plusieurs fonctionnalités de la Search Console de Google avant mise en production généralisée et je fais partie d’un programme similaire pour Bing à l’heure actuelle. Et lorsque quelque chose ne va pas, Google a la capacité de revenir en arrière, comme on l’a vu récemment dans l’affaire des <a href=« https://www.abondance.com/20200127-41861-google-retropedale-sur-sa-nouvelle-page-de-resultats-et-supprime-les-favicons.html »>favicons ajoutés puis finalement supprimés sur desktop</a>.

5. L’Intuition

Certains moteurs sont visionnaires, comme Google (et notamment Sergueï Brin et Larry Page, leurs deux cofondateurs), d’autres ont complètement raté leur approche du Search (l’exemple le plus flagrant en est Yahoo!). Bing, pour sa part, est parfois suiveur (interface du moteur de recherche), parfois innovant (recherche visuelle). On l’aimerait plus visionnaire parfois, cependant. Google, de son côté, l’est parfois trop, ce qui explique l’immense nombre de fonctionnalités abandonnées au fil des ans. Il ne s’interdit rien, même et surtout pas de supprimer les outils qu’il a mis en place et qui ne rencontrent pas suffisamment de succès (au grand dam parfois des utilisateurs qui avaient adoptés ces possibilités).

6. L’Éthique

Hum… Le moto original de Google (<em>Do no evil<:em>) s’est effacé au fil du temps. On imagine qu’en interne, un perpétuel combat affronte ceux qui tiennent à une éthique forte (et beaucoup de googlers – employés de l’entreprise – sont dans cette vision) et les autres qui voient avant tout l’aspect <em>business</em> du marché. Le plus souvent, ce sont nos données personnelles qui sont la monnaie d’échange de ces tractations. Et oui, si c’est gratuit (et c’est le cas des moteurs de recherche), c’est toi le produit !

7. La Pédagogie

La situation a beaucoup changé à ce niveau, notamment en termes de SEO. A l’heure actuelle, <a href=« https://www.abondance.com/20190515-39684-comment-poser-une-question-aux-portes-parole-seo-de-google.html »>au moins cinq personnes chez Google</a> sont habilitées à répondre aux questions des internautes et se répartissent ce travail. Chez Bing, <a href=« https://www.abondance.com/20191122-41399-fabrice-canel-et-frederic-dubut-les-deux-frenchies-tetes-pensantes-de-bing.html »>deux français</a> proposent également de communiquer sur le moteur de Microsoft. Bien sûr, aucune de ces personnes ne vous expliquera le fonctionnement de leur outil respectif, mais ils sont remplis de bonne volonté pour répondre de la meilleure façon possible à de nombreuses questions.

8. La Rigueur

Comment pourrait-il en être autrement ? Bien entendu, pour être là où ils en sont aujourd’hui, les deux grands du domaine se doivent d’être excessivement rigoureux, et pourtant, ils brassent une matière (le Web) qui est loin de l’être et qui ressemble plus à un magma parfois informe de contenus, langages de programmation, plateformes et CMS, protocoles divers et variés. Le tout pour le Monde entier et dans toutes les langues ! Une vraie galère au quotidien, soyons-en sûr !

9. L’Humilité

C’est certainement le cas du côté de Bing, et surtout depuis quelques récentes années. Il faut bien dire que chez Google, c’est plus inégal et on y ressent parfois l’arrogance des leaders. Un peu plus de concurrence pourrait peut-être adoucir ce sentiment dans les années qui viennent ? D’ailleurs, la véritable concurrence pour Google ne vient pas obligatoirement de Bing, mais plutôt des recherches verticales sur Amazon (e-commerce), Booking (tourisme), Wikipedia (encyclopédie) ou autres Monster (emploi), par exemple. Une concurrence qui rend les moteurs de recherche « traditionnels » constamment en veille, se devant d’être les meilleurs même sur ces types de requêtes bien différentes…

10. La Polyvalence

On vient d’en parler : les types de recherches sont très divers aujourdh’ui sur le Web. Ajoutons-y les images, l’actualité, la vidéo, le big data, et bien d’autres champs d’exploration comme la recherche vocale ou visuelle. Les algorithmes et les outils doivent s’y adapter au quotidien et la polyvalence est donc de mise.

En conclusion, on peut voir que, finalement, mis à part quelques points, moteurs et référenceurs se rejoignent sur une majorité de traits de caractère. C’est plutôt une bonne chose et cela montre bien que, globalement, le SEO n’est pas mort, car il… fonctionne encore !

Merci Olivier 

Merci Bertrand

Le principe de la Question qui tue et les règles du jeu sont simples :

 

1 – L’interview est composée d’une seule et unique question.

2 – Celui ou celle qui répond, doit le faire exclusivement par écrit, via e-mail.

3 – L’interviewé a carte blanche et je n’interviens aucunement sur sa réponse.

4 – La réponse doit contenir à minima une dizaine de lignes, mais peut faire plusieurs pages et pourquoi pas, devenir le point de départ d’un prochain livre de l’interviewé.

5 – Toutes les photos, tous les liens hypertextes, toutes les vidéos, sont les bienvenues.

6 – L’interview est publiée sur le blog de Bertrand Jouvenot et sur Linkedin

7 – L’interviewé fera de son mieux pour répondre aux commentaires laissés sur Linkedin et Twitter notamment.

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