Entreprendre est une chose. Réussir est une autre. Jamais un mot n’a autant suscité les vocations que celui de start-up. Rempli de promesses, le terme fait rêver. Mais il n’est pas donné à tout le monde de comprendre les codes, l’écosystème, les rouages et les pièges de la création d’une future licorne. Un point que Laurence Leseur, observateur avisée du monde digital, a bien compris. Elle publie le livre Startup Mode d’Emploi, au Editions Kawa. Cinq questions pour tenter de ranger dans des cases, celle qui nous invite pourtant à en sortir.

 

Le nouveau livre de Laurence Leseur

1. Bonjour Laurence, pourquoi avoir écrit ce livre… maintenant ?

Maintenant…par rapport à mon parcours ou par rapport à l’environnement économique aujourd’hui ?

Il y a vingt ans, les premiers aventuriers du web avaient tout à inventer, autant au plan des applications technologiques qu’au niveau des débouchés commerciaux. Ils avançaient à l’aveugle. Aujourd’hui, le retour d’expérience de ces deux décennies est conceptualisé et largement partagé. Le monde des startups s’est créé des références qui ne sont pas encore démocratisées. Elles restent dispersées dans des réseaux dont l’audience est encore trop restreinte.

Il manque une courroie de transmission des bonnes pratiques façon startup. J’observe dans mon quotidien professionnel un appétit pour la création d’entreprise et des idées formidables, mais aussi une méconnaissance de ces concepts. Les pitchs auprès de circuits de business angels (BA) sont un bon exemple : les questions posées sont toujours les mêmes. Elles sont pourtant rarement anticipées correctement par les candidats au financement.

En identifiant des points clés et certaines astuces dans mon livre, j’espère contribuer à vulgariser « l’espritstartup » et faire gagner du temps à mes lecteurs dans la réalisation de leurs projets.

2. Une page de votre livre, ou un passage, qui vous représente le mieux ?

Argh. 100 pages, c’est peu, et déjà un condensé de la curiosité qui m’anime et des leçons que j’ai apprises… je crois qu’on peut toujours faire mieux avec moins que certains leaders, qu’il existe toujours une place à prendre même si la concurrence semble occuper l’espace recherché.

Les interviews des startupeurs qui figurent dans le livre sont toutes représentatives de cet esprit. Ils font tous partie de mes contacts directs. Vous croisez Didier Rappaport, rencontré la première fois en 1999, aujourd’hui co-fondateur de l’application happn (après Dailymotion, Nomeo et bien d’autres), Jean Christophe Hua, co fondateur de Wibilong, application de social commerce qui vient de lever cinq millions d’euros auprès du groupe Téléperformance, ou Benoit Delol, créateur d’un des premiers espaces de co working associatif et, aujourd’hui en recherche de nouveaux espaces.

3. Les tendances qui émergent à peine et auxquelles vous croyez le plus ?

Il faut d’abord apprendre à identifier des tendances à peine émergentes, ce qu’on appelle des « signaux faibles ». A ce titre, je vous recommande l’excellent livre de Philippe Cahen, Signaux faibles : déceler les tendances, anticiper les ruptures.

Technologiquement, ce n’est plus un signal faible, nous sommes engagés dans une décennie de migration du texte vers la voix. Les claviers disparaissent de plus en plus, les textes sont remplacés par des widgets, et par des assistants vocaux appuyés par des IA.
Tout service permettant d’universaliser un accès en s’affranchissant du langage humain permet d’élargir un usage.
Mais il y a de nombreuses autres tendances à suivre, et elles peuvent aussi se combiner…

4. Si vous deviez donner un seul conseil à un lecteur de ce blog, quel serait-il ?

Une idée seule ne vaut rien. Il ne faut pas avoir peur de se faire « piquer » une idée. Au contraire il faut la partager avec un maximum de cercles pour la murir. L’enjeu aujourd’hui est c’est d’être parmi les premiers à transformer une idée en expérience concrète et positive. D’aller plus vite que d’autres. Pour cela, mieux vaut être plusieurs que seul.

5. En un mot, quels sont les prochains sujets qui vous passionneront ?

Je travaille sur les thèmes de la rationalisation, du plaisir et de l’apprentissage… croyez-moi il y a pleins d’applications concrètes à y développer !

Merci Laurence

Propos recueillis par Bertrand Jouvenot

 

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