Le Web rempli de textes c’est du passé. Place au Visual Web, une nouvelle version du Web faite essentiellement d’images, orchestrées par de l’intelligence artificielle au sein d’une réalité virtuelle dont on parle tant et vide de mots. Un nouvel épisode dans la vie du Web qui devrait remplacer le digital de nos grands frères en gonflant considérablement sa taille, en offrant de nouveaux usages et en supprimant la barrière de la langue entre les hommes commence. Préparez-vous à Blipper.

Un monde digital 100 fois plus grand

Ambarish Mitra, le très en vue CEO de Blippar

Du moins c’est ce que prédit Ambarish Mitra, PDG de Blippar, une plateforme de reconnaissance d’images pour les téléphones portables. A l’instar de Zuck (Mark Zuckerberg, le patron de Facebook) Ambarish Mitra ambitionne de connecter le monde entier avec son application mobile Blippar.

Comment ça marche ? Très simplement. Téléchargez l’application Blippar sur votre mobile en l’autorisant à utiliser l’appareil photo de votre téléphone. Ceci fait, positionnez votre smart phone comme si vous alliez photographier quelque chose. L’application saura reconnaître ce qu’elle voit, vous dire si c’est un plat de sushi, un bracelet réalisé par un artisan ou une paire de sneakers et surtout vous donner des informations comme son  nom, sa marque, où le trouver dans le monde physique, où le trouver sur Internet, qui en est fan, etc. Avec Blippar, vous pouvez recueillir des tonnes d’informations sur tout ce qui peut être photographié. Si à l’autre bout du monde un artisan Sri Lankais à utilisé Blippar pour photographier ses sacs à main artisanaux et que vous utilisez l’application pour identifier l’origine du sac de votre voisine de métro, l’application vous dira où elle a acheté son sac, où le trouver, à quel prix, sur quel site de vente en ligne, etc. Bienvenue dans la réalité virtuelle ou du moins dans le monde de la réalité augmentée.
Dans la mouvance des sociétés focalisées sur la reconnaissance visuelle comme Instagram, Pinterest ou Snapchat, Ambarish Mitra est l’un les jeunes entrepreneurs Indiens des plus visionnaires.

Des innovations en cascade

Blippar permet de tout savoir sur ce qui se trouve dans votre assiette (origine, produits comparable, sauce à utiliser, prix moyen, date de péremption…)

Fondé en 2011, Blippar a lancé son application de réalité augmentée en lui donnant une orientation résolument shopping. Dans la foulée, la société a d’ailleurs lancée une campagne intitulée « Blipp To Buy » invitant les gens à se rendre dans des magasins physiques et à blipper les produits qu’ils voyaient en rayons, plutôt qu’à les mettre dans un chariot, afin de se les faire livrer à domicile. De quoi changer la donne dans le monde du commerce.

 

Mais l’utilisation de l’application ne s’arrête pas là. Le fait de blipper le nom d’un journaliste, auteur d’un article, permettra d’accéder à ses articles précédents. Blipper ses résultats d’analyse médicale pourra renvoyer à des statistiques nationales permettant de se comparer à la moyenne. Blipper l’énoncé d’une exercice de math donnera accès à son résultat. Etc. Le nombre des applications possibles est infini, puisque Blippar est sommes toute parvenue à QRCode-ifier le monde.

 

Un changement de fond

Blippar vous permettra de savoir dans quel salon de coiffure a était une personne

Plus fondamentalement, c’est la barrière de la langue que Blippar permet de franchir. Nul besoin de savoir parler une quelconque langue pour utiliser Blippar. Le Web contribue ainsi au développement d’une nouvelle langue, sommaire, frustre, limitée mais plus universelle, non plus parlée ni écrite, mais malgré tout utilisée (1).

 

Un adolescent Indien, flânant avec ses amis autour du Taj Mahal n’a plus besoin de savoir parler Anglais pour blipper la chemise d’un touriste américain arborant un joueur de polo en guise de logo, pour découvrir qu’il s’agit d’un vêtement de la marque Ralph Lauren et que des contre-façons sont disponibles dans telle ou telle boutique de la ville d’Agra.

 

 

Tandis que Facebook ou Google pensent que d’ici vingt ans, nous vivrons tous, plusieurs heures par jour, avec des casques de réalité virtuelle sur la tête, un prodige Indien pense quant à lui que nos smartphones suffiront largement pour convertir le monde physique en un immense livre, lisible même par les illettrés. S’est-il souvenu des paroles d’un certain Gandhi qui disait que la force de son programme politique était d’être compréhensible par les trois cent millions d’analphabètes que comptait alors l’Inde ? Quoi qu’il en soit, il n’est plus besoin d’apprendre l’hindi.

 


Notes

(1) Sur ce thème, lire aussi deux de nos articles précédents :
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