Fei-Fei Li, directrice du prestigieux Stanford Artificial Intelligence Laboratory, déclarait, avec une analogie empruntée au domaine de l’astrophysique : « Je considère le pixel, qui constitue les images et les vidéos, comme une donnée formant la matière noire de l’Internet. Nous commençons à présent à la mettre en lumière ». Une intuition qu’il convient désormais d’approfondir. Éclaircissements :

Le penchant des sciences à s’atteler à identifier la plus petite unité du domaine qu’elles étudient (comme le point en géométrie Euclidienne, l’atome en science physique, la molécule en biologie, la cellule en neuroscience, jusqu’à régulièrement découvrir d’encore plus petites unités), a favorisé le développement des nanotechnologies et même inspiré la métaphysique de Leibniz, qui s’articule autour de la notion de monade[1]

… il revient à présent à la data science de définir la plus petite unité qui lui servira de référence.

Mais quelle sera-t-elle ?

  • Est-ce le pixel, comme le stipule Fei-Fei Li ?
  • Est-ce la data, au sens où on l’entend dans l’industrie de la data ?
  • Est-ce une data ayant atteint un certain seuil de développement ?
  • Est-ce une data partageant suffisamment de caractéristiques avec d’autres data pour former une référence scientifique acceptable ?
  • Est-ce une méta data ?
  • Est-ce une nano data ?

La jeune, voire très jeune data science a donc vraisemblablement devant elle de longues nuits de recherche avant de former le consensus scientifique et intellectuel nécessaire à sa propre édification.

 

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[1] Le mot « monade », qui relève de la métaphysique, signifie étymologiquement « unité » (μονάς monas). C’est l’Unité parfaite qui est le principe absolu. C’est l’unité suprême (l’Un, Dieu, le Principe des nombres), mais ce peut être aussi, à l’autre bout, l’unité minimale, l’élément spirituel minimal. (Source : Wikipedia, Août 2016).

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