Bruno Fridlansky, auteur et coach guide vos pas sur LinkedIn. Nous lui avons demandé de se livrer à un exercice difficile : répondre à nos propres questions concernant LinkedIn, alors que nous sommes ce qu’il convient d’appeler un utilisateur averti. Bruno et moi espérons que cette séance d’open coaching vous profitera autant qu’à tous les deux.

 

 

1. Bonjour Bruno, je publie un article par semaine, simultanément, sur mon blog et sur Linkedin. LinkedIn m’apporte des lecteurs autres que ceux de mon blog. Mes meilleurs billets ont enregistré parfois plus de 50 000 lecteurs et souvent plus de 20 000. Notre top cinq peut d’ailleurs se découvrir en cliquant ici. En même temps, Google pénalise le duplicate content. Que faire ?

 

Je ne suis pas un expert du SEO. Cependant, je n’ai pas la certitude qu’un article rédigé sur LinkedIn puisse rivaliser en terme de poids SEO avec un article écrit sur un blog. Il suffit pour s’en rendre compte de taper dans Google un mot clef présent dans un article publié sur LinkedIn et de regarder les résultats proposés. L’article sur LinkedIn n’apparaît pas. Le moteur de recherchennous propose pléthore de résultats qui pointent sur des sites web, pas sur le réseau social LinkedIn. On peut aussi imaginer que Google exclut les articles du réseau social.

Raisonnons autrement. Google, c’est un moteur de recherche de contenus sur l’ensemble (enfin presque) du web. LinkedIn c’est un réseau social sur lequel des humains sont connectés entre eux avec un boss au centre : un algorithme, véritable tour de contrôle qui décide qui (quels membres) voit quoi (quels contenus). Sachant que les premiers membres qui sont exposés à une publication sont toujours et uniquement les membres de premier niveau (c’est à dire ceux avec lesquels l’auteur est connecté) et les abonnés (c’est à dire ceux qui ne font que suivre l’auteur sans être connecté avec lui).

Comme tous les contacts (abonnés et connectés) ne verront pas tous les contenus – merci le filtre algorithmique – ma recommandation est de publier sur les deux espaces médias : ton blog, où tu es propriétaire du terrain sur lequel tu as construis ta visibilité et sur LinkedIn où tu n’es propriétaire de rien.

Dans quel ordre vas tu me demander ? Ma réponse : test and learn.

Publies sur ton blog, relais sur ton profil LinkedIn. Puis publies une semaine, quinze jours, un mois après (à toi de décider d’une fréquence) directement sur LinkedIn. Puis fait l’inverse. D’abord sur LinkedIn puis sur ton blog.

Une information complémentaire utile pour accompagner cette double publication : LinkedIn n’aime pas les liens externes publiés sur sa plateforme. Pour le boss (tu sais, l’algorithme), c’est une invitation à sortir du réseau pour aller lire le contenu ailleurs. Et ça, le boss n’aime pas du tout. Ainsi, en publiant sur le réseau, en natif comme on dit, tu donnes un signe positif à l’algorithme pour qu’il donne de la visibilité à ce contenu.

 

2. J’ai toujours quelques articles écrits à l’avance, pour tenir la cadence. Mais l’inspiration a fait que j’en ai trop. Plus d’une centaine dont les titres et le résumé (en deux lignes à chaque fois) sont à découvrir ici. Ce sont plutôt des tribunes, des opinions, des billets invitant à réflexion que des articles d’actualité. Seul 15% pourraient devenir obsolètes dans les prochains mois. Que faire ? Les conserver et les publier au fil de l’eau ? Augmenter la fréquence de publication sachant que je n’aurai pas nécessairement toujours autant d’inspiration que j’en ai eu ces derniers temps ?

 

C’est un problème de riche mon cher Bertrand. Et un signe que tu maîtrises la création de contenus. Tu touches un sujet à multiple facette avec ta question. Faut il publier souvent ? Faut il laisser à sa publication du temps pour vivre sa visibilité, autrement dit, une nouvelle publication stoppe-t-elle la précédente ?

La bonne réponse, c’est ton audience qui va te la donner. Si à chaque fois que tu publies, tu as de l’engagement de ton audience, cela signifie que tu l’intéresses et l’algorithme le comprend. Si, au contraire, à chaque publication, tu n’as aucun engagement, c’est un mauvais signe envoyé à l’algorithme qui comprend que tu n’intéresses pas ton audience et va te sanctionner en te rendant moins visible.

Lors de mes interventions, je provoque souvent la salle en leur expliquant que s’ils sont pertinents et donc génèrent de l’engagement, ils peuvent publier trois, quatre fois par jour. S’ils ne sont pas pertinent, publier une fois par mois, c’est trop.

Ensuite tu as deux formats de publications sur LinkedIn : partager un contenu directement dans le flux (la timeline) et rédiger un article (avec mise en forme du texte et ajout de médias).

En fonction du jus de cerveau que tu y auras mis, tu peux répartir tes productions entre article (beaucoup de jus de cerveau avec un objectif de faire réfléchir) et simple publication.

Une stratégie intéressante, c’est d’utiliser les deux formats pour le même contenu en découpant ta tribune en paragraphes indépendants les uns des autres. C’est à dire que chaque paragraphe constitue un message à lui seul, et l’ensemble de tes paragraphes construise ton article. Ainsi, tu publies sur ton profil un paragraphe par semaine par exemple. Celui ci va générer des interactions, des commentaires qui vont l’enrichir. Puis une fois que tu as publié tous les paragraphes, tu publies l’article complet. Que tu peux même enrichir des commentaires reçus.

Ce qui est important, c’est d’avoir une certaine régularité pour créer un rendez vous avec ton audience, ce qui engendrera des interactions et habituera ton audience à attendre de ta part tes contenus. Et habituera ainsi l’algorithme à te rendre visible par l’engagement que tu génères.

 

3. Je réalise des interviews d’auteurs ayant écrit des livres portant sur des thèmes abordés sur mon blog. Marc Simoncini est d’ailleurs l’un des derniers à avoir accepté une interview. S’il n’est pas très difficile d’obtenir régulièrement de nouvelles interviews, l’exercice est tout de même un peu chronophage. Quel nombre d’interviews, par mois, par an, privilégier ?

 

L’important n’est pas le nombre d’interviews que tu vas proposer à ton audience. C’est la valeur que tu vas lui apporter à travers les échanges avec tes interlocuteurs. C’est le seul critère à retenir en partant du principe que ces interviews te permettent d’atteindre ton objectif, quel qu’il soit : développer financièrement ton business, avoir de la notoriété, te faire plaisir…

L’intérêt de prévoir et donc planifier un nombre d’interviews, c’est de pouvoir organiser un rendez vous récurrent qui t’installe dans le paysage cognitif de ton audience. D’autant plus que d’après ce que tu me dis, tu privilégies des interventions d’auteur de livre, qui est un élément de ta ligne éditoriale, participant à ton positionnement pour ceux qui te suivent et te lisent.

L’avantage de ces interviews, c’est aussi qu’elles créent du lien humain entre toi, ton interlocuteur et ton audience.

 

4. J’ai dans ma besace une quarantaine de devinettes portant sur le digital, joliment maquettées, dans une esprit bande dessinée. Exemple : Quel est la position du Kamasutra préférée de Jeff Bezos ? Quelle est l’épitaphe digitale de Larry Page ? Quand les publier ? A quelle fréquence ?

 

Je vais radoter comme un vieux. Quoique la répétition est un élément central de l’apprentissage, c’est donc utile. Je te recommanderais de tester pour apprendre comment ton audience réagit à ces contenus. A-t-elle envie de ces devinettes ? Est-ce cohérent avec ta ligne éditoriale, notamment avec tes articles et tes interviews ?

Je mets en place avec mes clients une méthode de multi-utilisations des contenus. Un contenu n’a pas qu’une vie, ni un seul usage. Chacune de tes devinettes est un contenu qui peut vivre seul et, associé à d’autres contenus, constituer une histoire. Elles peuvent également se décliner en différent format dont le texte et l’image puisque tu me parles de maquette, et même de bande dessinée.

Si tu as des thématiques, tu peux construire une histoire avec un enchaînement de plusieurs devinettes. Il te reste à travailler sur la fréquence pour, comme je l’ai déjà exprimé, créer un rendez vous avec ton audience.

 

5. Mes articles sont régulièrement publiés dans le journal Le Monde, le Forum Economique Mondial, Les Echos, la Harvard Business Review, Forbes, la prestigieuse revue INfluencia, ou le JDN… La encore, comment gérer la problématique de duplicate content ?

 

Le duplicate content entre ces médias et ton blog peut effectivement poser un soucis. La question est surtout de savoir si tu donnes l’exclusivité de tes textes à ces médias ou si tu as la possibilité de les ré-utiliser. Ensuite, à toi de négocier si tu publies chez eux et ensuite chez toi ou si tu leurs proposes l’inverse.

C’est typiquement un exemple concret de ce que je recommande : la multi-utilisation des contenus, sous ses différentes formes et formats.

Tu peux proposer un article à un média avec une exclusivité de 15 jours ou 1 mois selon leur périodicité, le partager (leur publication) sur ton profil LinkedIn et ton compte Twitter, le reprendre en curation argumentée sur ton profil LinkedIn, puis le publier intégralement sur ton blog et le partager sur tes réseaux sociaux. Chaque média à ses audiences propres, sur chaque réseau social, tu as une audience et comme tout le monde ne voit pas tous les contenus, cette multiutilisation d’un même contenu te permet d’optimiser l’exposition de ton expertise. Ce n’est pas parce qu’un contenu est publié une fois à un endroit qu’il sera visible de tout le monde. La multidiffusion permet de donner accès à ton contenu à un maximum de personnes.

Merci Bruno

 

%d bloggers like this: