Avoir une mission est devenu pour l’entreprise comme indispensable. Que feront les entreprises en cas de discordance entre ce que leur dictent leurs missions et ce que réclame le marché ? La culture nationale dans laquelle évolue l’entreprise guidera la réponse.

 

 

Nos organisations sont à l’intersection de trois populations, de plus en plus exigeantes, et qu’elles peinent de plus en plus à faire cohabiter : des collaborateurs, des clients et des actionnaires. Le rapport au travail des premiers change considérablement et les signes de défiances entre salariés et entreprises se multiplient. Les clients quant à eux se sont habitué à des niveaux de services inimaginables il y a encore quelques années grâce aux nouvelle technologies notamment (informations immédiatement accessibles avec Google, produits livrés en deux heures avec Amazon, taxi à disposition en quelques clics avec Uber…). Les actionnaires exigent un retour sur investissement de plus en plus élevé.

 

Face à ces impératifs, les entrepris semblent plus culpabilisées que jamais. La mission d’entreprise devient la panacée, le moyen de faire se tourner les regard, non plus vers les difficultés du présent, mais un un avenir dans lequel l’entreprise se propose de jouer un rôle plus responsable, plus respectueuse de son écosystème, plus en phase avec les aspirations du monde tel qu’il devient.

 

Mais que feront les entreprises en cas de discordance entre ce que leur dictent leurs missions et ce que réclame le marché ? Des scénarios probables sont simples à imaginer. Commençons pas une entreprise se targuant de privilégier l’écologie en ne recourant pas à des formes de transports hyper-rapides mais très polluantes, Qu’elle puisse un jour souffrir de la pression concurrentiel, rencontrer des difficultés, avoir peine à remplir le carnet de commandes n’est pas à exclure. Et si soudainement une commande chinoise qui résoudrait ses difficultés du moment se présentait, mais à condition que la livraison soit rapide et donc en contradiction avec l’impératif écologique, dictée par la mission de cette entreprise. Que fera-t-elle ? Oublier sa mission et survivre ou risquer la faillite en voulant préserver à tout prix sa mission, là sera le dilemme. Poursuivons avec une entreprise dont la mission affirmerait vouloir construire un monde sans discrimination. Que deviendra sa politique de recrutement le jour où une rupture aussi impactante que la révolution digitale, celle de l’intelligence artificielle par exemple, l’obligera à recruter de nouveaux profils et qu’il n’est tout simplement pas possible d’en trouver dans toutes les catégories de la population ?

 

Face à ces nouveaux défis, les entreprises sont plus ou moins bien préparées et leurs cultures nationales pourraient devenir un atout ou au contraire un handicap. En Chine, l’idée de la mission d’entreprise telle que nous l’imaginons est écartée. La place est eu pragmatisme, à la réussite à tout prix, au succès. Le résultat compte davantage que la manière d’y arriver. La mission du groupe Alibaba en est une illustration :

 

Champion the small businesses, in the beleif that the internet would level the playing field by enablig small entreprises to use innovation and technlology to grow and compete more effectively in the domestic and global economy.

 

Aux Etats-Unis, les entreprises sont également plus que rompues à l’exercice de la formulation de corporate mission, tout à la fois antirationnelles et certainement pas piègeantes ou enfermantes un jour. Les exemples son légions :

 

Apple – Bring the best user experience to its customers through its innovative hardware, software, and services.

 

Salesforce – Empowers companies to connect with their customers in a whole new way.

 

Tesla – Accelerate the world’s transition to sustainable energy.

 

Facebook – Give people the power to build community and bring the world closer together. Starbucks – To inspire and nurture the human spirit—one person, one cup, and one neighborhood at a time.

 

En Europe et particulièrement en France, la notion de mission d’entreprise connaît un regain d’intérêt sans pareil, mais sans que notre culture nous prépare, faute d’une dureté très chinoise ou d’une habilité toute américaine, à réussir ce périlleux exercice. Notre incapacité chronique à positionner le centre de gravité de nos entreprises du côté des actionnaires, ou des clients ou des salariés, nous fera peu-être défaut.


Article initialement publié sur le Journal du Net.

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