Le digital fait du PIB (Produit Intérieur Brut) une mesure de moins en moins pertinente. En effet, le digital engendre un paradoxe : notre niveau de vie augmente considérablement sans que cela ne se répercute nécessairement dans le PIB.

Prenons un exemple avec la musique. Il y a vingt ans, un adolescent aurait accru le PIB de son pays en dépensant 150 euros par an en achetant des disques. Aujourd’hui n’importe quel adolescent a accès à toute la musique qu’il souhaite gratuitement. Son niveau de vie s’est donc largement amélioré sans qu’il aie contribué à une augmentation du PIB pour autant.

Cette exemple vaut pour toute autre industrie dores et déjà digitalisée ou susceptible de l’être : cinéma, médias, services… Et nos occasions de consommer plus, en contribuant moins au PIB qu’auparavant, se multiplient : quand nous réservons nos locations de vacances avec Airbnb, quand nous regardons des films sur Youtube ou Netflix, quand nous nous déplaçons en taxi avec Uber, quand nous téléphonons avec Skype, quand nous envoyons des documents volumineux via WeTransfer, quand nous partageons nos photos sur Instagram, quand nous mettons en compétition les e-commerçants avec des comparateurs de prix, quand nous archivons des tonnes de documents avec Dropbox…

Il en est de même dans l’éducation avec edX qui donnent accès aux meilleurs cours des universités du monde entier gratuitement, tout comme Corsera ou encore Udacity.

Ce paradoxe devrait s’accentuer également dans bien d’autres domaines comme la santé, la sécurité, le travail…

Le PIB se serait-il fait uberiser à son tour ?

Le monde change plus vite que notre manière de l’observer, que nos méthodes pour en calculer l’évolution, que nos techniques de mesures héritées du passé. De quoi donner du travail pour les prochaines années.

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