Avec 418 000 collaborateurs, Google, Amazon, Facebook et Apple ont désormais une valorisation boursière cumulée de $2,3 trillion, soit un montant proche de celui du PIB français, la richesse d’un pays comptant 67 millions d’habitants. Le digital ne fait pas que disrupter. Il rebat également les cartes du commerce international et nous oblige à repenser notre avantage compétitif au niveau international. Quelle place occupera la France dans ce nouvel ordre économique mondial ?

 

En science économique, la théorie classique stipule avec David Ricardo que la division internationale du travail conduit les pays à se spécialiser dans les industries pour lesquelles ils bénéficient d’un avantage compétitif naturel. Ainsi un pays A se spécialisera dans la production de blé et le vendra à un pays B, lui-même spécialisée dans la culture du riz. Le premier utilisant ses ventes de blés pour importer les produits pour lesquels il n’a pas d’avantage compétitif. Etc.
L’ère digitale pourrait bien annoncer la renaissance de cette théorie.

 

Les quelques décennies de recul digital dont nous disposons à présent, une trentaine d’années pour Internet et une vingtaine pour le Web, permettent d’entrevoir comme le début d’une nouvelle vague de spécialisation internationale des pays.

  • Les véritables leaders de la digital money sont l’Afrique et l’Afghanistan où les e-money sont parfois les moyens de paiement qui fonctionnent le mieux.
  • Les Chinois sont en avance en termes d’application mobiles.
  • Les Indiens semblent développer une double spécialisation avec d’un côté la dynamisation du commerce au sein des zones rurales grâce à Internet et de l’autre, l’empowerment de catégories de la population particulièrement défavorisées, comme celle des femmes les plus pauvres.
  • L’Amérique Latine fourmille d’initiatives consistant à ouvrir l’accès aux banques aux populations les plus pauvres, historiquement considérées comme inbanquarisables, grâce à la gestion digitale des micro-revenus et au micro-crédit.
  • Les États-Unis mènent naturellement la danse avec notamment leurs GAFAM dont la valorisation boursière cumulée se rapproche de jour en jour du PIB Français, tandis que la course pour être la première entreprise de l’histoire de l’humanité à atteindre le trillion de dollars a démarré.
  • Et la France ? Quel sera son avantage compétitif ?

Les licornes de l’économie numérique comme Criteo, Meetic et BlaBlaCar, les pépites du Web français installées dans la Silicon Valley comme ifeelgoods, The Refiners ou Theads, ou encore les jeunes startupers dont on nous parle régulièrement, ne manquent pas d’une véritable ambition et laisseraient même supposer, espérer, envisager que le digital puisse un jour participer à la construction de ce nouvel avantage compétitif. Par contre, il va falloir se dépêcher.

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