Les conférenciers de TEDx rivalisent de talent pour diffuser des idées qui en valent la peine et donner corps à la mission originelle de ce cycle de conférences qui devient chaque jour plus populaire et incontournable. Si le thème de l’intelligence artificielle y a maintes fois été traité, une question qui tue n’a cependant encore jamais été posée. Nous l’avons réservée à Christel de Foucault : un robot doté d’une intelligence artificielle pourra-t-il un jour donner une conférence TEDx ?

 

 

En découvrant ce sujet, ma première pensée a été : « Mais non, c’est impossible ! Un robot ne pourrait pas être un speaker, encore moins lors d’un TED !» et puis, après réflexion, j’ai repris les différentes étapes qui conduisent un humain à donner une conférence TEDx et qui pourraient amener un « non humain » à le faire à son tour.

 

Il y a deux manières de devenir conférencier TEDx, soit en se faisant repérer par des organisateurs homologués, soit en les contactant directement. Un robot, même doté d’une intelligence (artificielle), devrait abandonner la première idée. Par contre, il serait dans ses cordes d’identifier des organisateurs et de leur envoyer en masse des mails pour les convaincre de l’intérêt de faire monter sur les planches un robot.

 

Pour savoir si un bot pourrait faire le job, référons-nous aux 7 points capitaux du bon speaker TEDx :

 

Point 1 : apporter une vision différente dans le but de faire changer le monde…
L’arrivée des robots et de leur intelligence artificielle va transformer le monde et qui mieux qu’un robot pour en parler !

 

Point 2 : prendre la parole pendant un temps chronométré (18 minutes maximum), sans prompteur et sans slides…
Un robot, bien programmé et savamment minuté sera capable de décliner par cœur un texte dans le temps imparti.

 

Point 3 : trouver un sujet inspirant et un titre marquant…
Notre robot aura certes besoin d’un petit coup de main humaine pour faire rentrer dans sa mémoire vive les sujets déjà abordés dans de précédents TED et les grandes tendances sociétales du moment. Mais, il se débrouillera ensuite avec son unité centrale pour traiter l’information et en faire ressortir le thème le plus original. Son logiciel informatique pourra même lui permettre de brainstormer avec lui-même afin de trouver LE bon titre de son talk.

 

Point 4 : se produire sur scène avec des gestes adaptés, une voix qui porte, des mots qui touchent…
C’est là que son dispositif mécatronique prendra tout son sens en lui donnant une apparence et une gestuelle humaines.

 

Point 5 : ne pas trop s’éloigner du rond rouge du TEDx et rester bien ancré dans le sol…
Ses sondeurs à ultrasons, ses scanners couplés à des caméras l’aideront à prendre « conscience » de son environnement en 3D et à se positionner sur le rond rouge voire à se déplacer autour avec la grâce d’un robot, une fois calculés les angles de rotation.

 

Point 6 : être en mesure de gérer son stress et de ne pas oublier son texte…
Ses microprocesseurs permettront l’exécution de l’ensemble des séquences du talk sans bugs mais avec quelques petites touches humaines programmées ici et là comme les fameux « heu » qui font si peur aux hommes….

 

Point 7 : faire vivre une émotion à son public….
Il pourra sourire, rire ou pleurer sur commande mais réussira-t ’il à faire pleurer dans les chaumières ? Pour cela, il faudrait qu’il puisse ressentir l’émotion dans la salle et réagir en conséquence…Or à ce jour, aucun robot n’est doté d’une intelligence émotionnelle….
Un TEDx, ce n’est pas simplement un show, un exploit, un discours, des images mais c’est aussi une rencontre entre un speaker et son public.

La réponse à la question est donc : a bot is not able to be a TEDx speaker !

 

 

Merci Christel de Foucault

Retrouvez Christel De Foucault sur YouTube.

 

Propos recueillis par Bertrand Jouvenot | Consultant | Auteur | Speaker | Enseignant | Blogueur


Le principe de la Question qui tue et les règles du jeu sont simples :

1 – L’interview est composée d’une seule et unique question.

2 – Celui ou celle qui répond, doit le faire exclusivement par e-mail.

3 – L’interviewé a carte blanche et nous n’intervenons aucunement sur sa réponse.

4 – La réponse doit contenir à minima une dizaine de lignes, mais peut faire plusieurs pages.

5 – Toutes les photos, tous les liens hypertextes, toutes les vidéos, sont les bienvenues.

6 – L’interview est publiée sur le blog de Bertrand Jouvenot et sur Linkedin

7 – L’interviewé fera de son mieux pour répondre aux commentaires laissés sur Linkedin et Twitter notamment.

%d blogueurs aiment cette page :