Mac vs. PC ? Derrière cette simple opposition entre deux marques informa­tiques, deux philosophies s’affrontent. D’une simple idée de la machine, c’est toute une conception de l’entreprise qui en découle.

Celle du PC, ou personnal computer, est héritée du passé. Elle demande à l’homme de s’adapter à la machine. Celle du Macintosh est plus moderne. Elle s’efforce d’adapter la machine à l’homme. La première capitalise sur les capacités d’adaptation de l’individu tandis que la seconde s’appuie sur ses potentialités. Dans le premier cas, l’homme est au service de la machine. Dans le second, la machine est au service de l’homme. La première est machine centric, la seconde est human centric. Toutes nos entreprises, nos stratégies, nos process, suivent la logique PC. L’homme est convié à se plier à des règles, des modes de fonctionnement, des habitudes, une hiérarchie, des tableaux de bord, des ERP, des progiciels, etc. Et quand cela ne marche plus, les organisa­tions demandent à leurs collaborateurs de s’adapter encore plus, en devenant toujours plus flexibles, mobiles, souples… Et parce que nous ne sommes pas à un paradoxe près, on observe les vainqueurs du moment, tel Google ou Apple, et on en on déduit que la clef du succès se trouve dans la créativité, l’innovation, la communication… Bref dans les potentialités de l’homme, que la philosophie du Mac se propose précisément de libérer.

En somme, il y aurait deux types d’entreprises.

Celles obnubilées par l’organisation, la planification, l’implémentation d’une stratégie prédéfinie. Les individus y sont conviés encore une fois à s’adapter à un cadre. Même les chantres des nouvelles formes d’organisations ou de travail, tel IBM ou Cisco, ont reproduit malgré elles ce travers. Ces entreprises sont company centric.

Et puis, il y aurait les sociétés où l’on part davantage des individus, pour construire le cadre qui leur permettra de donner le meilleur, de travailler plus efficacement, de mieux réussir. Ces entreprises sont people centric.

Cette manière d’envisager l’entreprise, ce mode d’organisation, cette philoso­phie peut permettre d’avancer à l’ère du digital.

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Extrait du livre Les dessous du Web de Bertrand Jouvenot, paru aux Editions Kawa en mars 2013, 278 pages, broché, 29€99.
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