Entre AgTech et FoodTech, le digital pourrait bien s’inviter dans nos assiettes. Loin de la gastronomie, c’est au cœur de l’agriculture, de l’élevage et de la protection d’espèces animales menacées qu’il s’invite pour l’instant. Avant, qui sait, de s’asseoir à notre table.

Le secteur agricole se digitalise depuis bien longtemps

Le secteur agricole pèse encore très lourd dans les économies de pays les plus développées comme les Etats-Unis, des pays émergents (qu’il conviendrait désormais d’ailleurs d’appeler les pays émergés plutôt qu’émergents) comme la Chine, L’Inde ou encore d’autre pays membres du BRICS comme la Russie.

Le secteur agricole a également toujours été très en avance technologiquement lorsqu’il s’agissait d’accroître la productivité ou bien de réduire les coûts et ce, grâce entre autre aux technologies.

Depuis des décennies les fermes américaines utilisent des capteurs pour mesurer la température, la saturation de l’eau et d’autres variables importante pour garantir et maintenir la qualité de la culture des fruits et légumes.

L’AgTech revitalise l’agriculture

Comme le révélait une enquête très fouillée, réalisée par le Guardian, le digital pourrait même permettre de sauver les abeilles, une espèce qui disparaît mystérieusement depuis des années, engendrant une menace pour la pollinisation des cultures entières.

L’une des principales raisons identifiées de l’extinction de l’espèce des abeilles est la présence d’un certain type de mites. Détruire ces mites est des plus simples. Il suffit de recourir à la chaleur. Oui mais seulement voilà, l’utilisation de la chaleur pour tuer ces mites conduit inexorablement à faire fondre la cire dont sont faites les ruches d’abeilles. Tuer les mites revient donc à tuer également les abeilles.

Heureusement une équipe de chercheurs a mis au point une technique permettant d’intégrer des circuits électroniques à l’intérieur de la cire même de la ruche. Les abeilles construisent alors leurs ruches, tout en étant connectées à internet. Les circuits remplissent alors deux fonctions : monitorer la ruche et réchauffer uniquement des zones spécifiques de la ruche. Quand les capteurs détectent une larve susceptibles d’être celle d’une mite, ils augment la chaleur uniquement autour de cette zone. Par la même, ils neutralisent tous les prédateurs potentiels sans exterminer les abeilles.

De l’AgTech à la FoodTech, il n’y a qu’un pas.

Suite à cette disruption du système de sécurité alimentaire, historiquement lancé par Teddy Roosevelt il y a un siècle, la qualité de la production agricole toute entière des Etats-Unis et d’ailleurs, pourra enfin être améliorée.

Nombreuses initiatives ont vu le jour permettant à des start up de s’inscrire dans ce sillon. Certaines travaillent sur des procédés permettant de tuer des maladies avec des rayons lumineux sans brûler pour autant les plantes. D’autres, s’attellent à mettre au point des emballages de viandes dotées de de puces RFID (Radio-Frequency Identification) ou de NFC (Near Field Communication) afin de garantir le bon respect de la chaîne du froid, depuis la production jusqu’à l’assiette du consommateur.

Osons aller plus loin, en faisant un détour par l’IOT ou Internet des objets connectés. Imaginez un réfrigérateur qui identifierait si un met est avarié, ou un four refusant de cuire une viande douteuse.

Les futures générations vont se régaler

Gardons aussi à l’esprit que la nouvelle génération des millennials (désormais quantitativement supérieur à celle des baby-boomers) est davantage attentive à la qualité de son alimentation, qu’elle mange plus souvent à l’extérieur que les générations précédentes et se montrent plus sensibles aux problématiques de bonne ou mauvaise alimentation. Selon le New York Times, la consommation de soda a chuté de 25% entre 1998 et 2015, un phénomène qui s’explique par l’accroissement de la demande d’eau.

L’apparition d’un nouveau type de restaurant en profite également pour se positionner, comme Sweetgreen qui à l’instar de McDonald’s ne se contentent pas de contrôler l’origine et l’acheminement de sa nourriture, mais manage d’une manière saisonnière et hyper locale les relations entre de petits producteurs et ses restaurants, afin d’y servir toujours une nourriture fraîche puisque de saison et venant d’un producteur situé à proximité. Fini les fraises toutes l’année. Le site de Sweetgreen commence par vous demander de préciser si vous êtes basés à Boston, à Chicago ou à Los Angeles… gage de son sérieux.

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