Le facteur humain est décisif pour la réussite de l’entreprise. Pourtant, bien des organisations peinent encore à prendre les bonnes décisions concernant les individus. Ce serait même le contraire. Pourtant, une méthode simple permet à tout un chacun, autant qu’à un manager, un dirigeant ou  un actionnaire, de voir si une entreprise recrute, promeut ou sanctionne les bons profils.

 

Une entreprise est un peu comme une classe. Elle compte 10 à 15% de personnes sensiblement meilleures que les autres, 10 à 15% de gens moins bons que les autres, et 70 à 80% de collaborateurs moyens.

 

Mais une entreprise est aussi l’endroit où la performance des individus ne repose pas uniquement sur leurs connaissances et savoir-faire, mais beaucoup, et de plus en plus, sur des savoir-être.

 

Comment savoir où vous situer ? Comment vous comparer aux autres et surtout comment définir si votre entreprise adopte la bonne attitude vis-à-vis des uns et des autres ?

 

Une méthode simple permet de répondre à ces trois questions.

 

Etape N°1 : Mettre les choses à plat

Pour commencer, rappelez-vous que vos collègues peuvent faire l’objet de quatre différents traitements par votre entreprise :

1.       Etre recrutés (cela concernera vos collègues ayant récemment rejoint votre société) ;

2.       Etre récompensés (promotion, augmentation de salaire, nouvelles missions, etc.) ;

3.       Etre laissés tels quels (cela concerne la majorité d’entre eux)

4.       Etre sanctionnés (mise à l’écart, congés refusés, prime non accordée, notation trop sévère, mise au placard, harcèlement, pressions malsaines, licenciement, etc.).

 

 

Etape N°2 : s’organiser pour classer

 

Ensuite, armez-vous d’un stylo et d’une feuille. C’est parti, tracez une matrice composée de deux axes :

  • En abscisse, l’axe des savoir-faire, déterminant le niveau de l’individu en termes de savoir-faire. Plus la personne se situe à droite du tableau, meilleurs sont ses savoir-faire.

 

  • En ordonnée, l’axe des savoir-être, déterminant le niveau de l’individu en termes de savoir-être. Plus la personne se situe en haut du tableau, meilleurs sont ses savoirs-être.

 

 

Etape N°3 : positionner ses collègues

 

A présent, inscrivez les noms de vos collègues sur le tableau en gardant naturellement à l’esprit qu’il est difficile d’évaluer les savoir-faire des uns ou des autres dans des domaines qui ne sont pas le sien, que certains savoir-être attendus ici, ne seraient pas souhaitable ailleurs (l’exubérance d’un directeur de la communication convient moins à la fonction financière, l’hyper visibilité d’un social media manager coïncide moins avec les attitudes souhaitées chez un responsable juridique), etc.

 

 

Etape N°4 : repérer les anomalies

 

Pour avancer, repérez les anomalies et entourez les noms des personnes qui n’ont pas eu le sort qu’elles méritaient, d’un cercle rouge. Celles qui ont été promues et qui n’auraient pas dues, selon vous. Celles qui mériteraient un meilleur traitement. Celles qui ont été remerciées parfois brutalement, parfois très secrètement…

 

Etape N°5 : Prendre du recul

 

Pour finir, prenez du recul.

 

Si vous êtes dans la majorité silencieuse à qui il n’arrive rien, c’est peut-être une bonne chose. Si vous êtes promu, tant mieux pour vous. Si vous êtes sanctionné, dommage pour vous. Si vous venez d’arriver, continuez à observer.

 

Si certains de vos collègues vous semblent ne pas avoir été sanctionnés à juste titre, en raison notamment de savoir-être qui vous choquent, dites-vous qu’ils ont peut-être une attitude conforme avec ce que votre entreprise attend de ses collaborateurs. La fin justifiant les moyens.

 

Si d’autres de vos collègues vous semblent injustement pénalisés, ou trop peu récompensés, rappelez-vous que vous n’êtes pas là pour rétablir la justice sur terre.

 

Si votre pire ennemi connaît la gloire au sein de votre entreprise, dites-vous peut-être que cette société n’est peut-être pas faite pour vous.

 

Si les collaborateurs récompensés, le sont lorsqu’ils ont les bons savoir-être, mais pas les bons savoir-faire, dites-vous que vous êtes dans une entreprise décidément très française dans l’âme, avec un attachement fort à des valeurs, à l’entre-soi, à une conception « romantique » de l’entreprise. Si les collaborateurs récompensés, le sont lorsqu’ils ont les bons savoir-faire, mais pas les bons savoir-être, dites-vous que vous êtes dans une entreprise tournée vers l’efficacité, l’efficience et pour laquelle business is business.

 

 

L’entreprise ressemble certes à une classe, mais ressemble encore plus à une cour d’école avec ses injustices, ses cruautés, ses pseudo-bandes, ses trahisons et ses réconciliations. Derrière une façade faite de rationalité, d’intelligence et de maîtrise de la situation, nos entreprises ne sont peut-être que les préaux de ce qu’elles devraient être si elles mûrissaient un peu et apprenaient à s’accepter avec leurs limites, leurs défauts et leurs imperfections… qu’elles pourraient ensuite essayer de corriger, peut-être.

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