La marque de montres Hamilton a signé l’une des plus belles opérations marketing de son temps. En dessinant une montre futuriste pour le film 2001, l’Odyssée de l’espace, sans la commercialiser à l’époque, Hamilton a créé les conditions parfaites pour le lancement d’une série limitée, quelques années plus tard. Ne pas évoquer ce cas d’école reviendrait à priver les professionnels du marketing d’une source d’inspiration propre à montrer que leur métier peut flirter avec l’excellence.

En 1968, Stanley Kubrick écrit le scénario du film 2001, l’Odyssée de l’espace. Dans un passage de ce film épique, futuriste et désormais culte, le réalisateur fait regarder l’heure à l’un des personnages. Mais cet acte du film se déroulant dans le futur, il lui faut équiper ce dernier d’une montre également futuriste. Stanley Kubrick s’adresse alors à l’entreprise horlogère américaine Hamilton pour qu’elle dessine un modèle de montre spécifiquement pour le film. La société s’exécute et fournir une montre incroyable qui ne sa pas commercialisée à l’époque. Sans le savoir tout à fait, Hamilton inaugure ce qui sera plus tard baptisé le product placement, une stratégie marketing consistant à demander aux sociétés de production d’insérer un produit commercial (une voiture, une costume, un téléphone…) au scénario d’un film, afin de lui apporter de la publicité.

En 2001, Hamilton a une idée de génie. Commercialiser ladite montre, sous forme d’une série limitée. Tout naturellement, 2001 exemplaires numérotés de la montre sont édités. L’occasion pour les boutiques chics de mettre en avant, de façons hyper-sélective, un modèle de montre qui se prête tout particulièrement à une présentation élégante et exclusive. Quelques 2001 heureux, dont nous sommes, auront le plaisir de porter leur exemplaire au poignet, d’être régulièrement interpellés à son sujet, par tant de fans de ce film extraordinaire qu’est 2001, l’Odyssée de l’espace et d’avoir le plaisir de leur raconter cette jolie histoire.

 

Si le marketing peut manquer parfois de subtilité, il sait aussi parfois se montrer plus inspiré et pourquoi pas, remettre les pendules à l’heure en faisant taire celles et ceux qui n’en pensent que du mal et en inspirant ceux qui en ont fait leur métier, dont nous sommes.

 

 


Article publié dans Forbes

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